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Swiss Alp Health a participé au Congrès Suisse de Médecine du Sport (Swiss Sports & Exercise Medicine) à Interlaken les 24 et 25 octobre derniers. L’occasion de nous rappeler que la mobilité est un élément essentiel de la qualité de vie.

Le sport : source de jouvence ?

Selon de Dr med. Boris Gojanovic, médecin du sport et de médecine interne à l’Hôpital de la Tour à Meyrin (Genève), une grande partie des adultes ne prennent pas le temps de faire du sport et subissent de grandes quantités de stress, menant à la prise de poids et aux problèmes articulaires. De plus, de nombreux bénéfices découlent d’une activité physique modérée et régulière.

10 minutes de marche, c’est un début!

Les maladies métaboliques et cardiovasculaires, l’arthrose, le mal de dos, le risque de chute chez les personnes âgées, le cancer, la dépression et la démence [i] sont en diminution lors d’une pratique régulière d’une activité physique. Celle-ci compense les effets négatifs de nos habitudes sédentaires sans présenter de risque sérieux pour la santé.

La motivation : un élément clé

La motivation est liée à notre cerveau émotionnel. Le fait d’établir un programme personnalisé, en prenant compte de l’emploi du temps de chacun facilite la poursuite de l’activité sur le long terme. La mise en place d’un programme permet également de profiter de tous les moments creux d’une journée.

Comment passer de la motivation à l’habitude ?

La mise en place de nouvelles habitudes correspond bien souvent à la modification du style de vie. Selon de Prof. Dr med. Martin Halle, directeur du département de prévention, de médecine du sport et de cardiologie de l’hôpital universitaire de Munich, il y a trois éléments clés qui favorisent la pratique du sport à long terme :

  1. Connaître son état de santé et sa capacité physique, afin de visualiser des objectifs atteignables.
  2. Déterminer nos raisons profondes pour changer de mode de vie, avec nos buts,  nos limites et nos stratégies pour les contourner.
  3. Établir un plan précis et personnalisé basé sur nos idées et préférences individuelles, incluant des retours réguliers du médecin.

Le Prof. Dr med. Halle note également l’importance de la nutrition et de la supervision à plus long terme.

Source de bienfaits pour les personnes diabétiques

Le Dr med. Thomas Züger, spécialiste en diabétologie et endocrinologie à l’hôpital universitaire de Berne (Inselspital) a souligné les bienfaits du sport pour les personnes diabétiques.

Diabète de type 2

Le diabète de type 2 apparait généralement en raison d’un mode de vie dérégulé (surpoids, alimentation trop riche en sucres, sédentarité, facteurs génétiques…). Ce mode de vie a épuisé le pancréas, limitant la sécrétion d’insuline. De plus d’autres cellules deviennent également résistantes à l’insuline et n’absorbent plus le glucose sanguin.

La pratique d’une activité physique permet d’augmenter la sensibilité des cellules à l’insuline et la fonte des tissus graisseux, menant à un cercle vertueux.

180 minutes d’exercice par semaine, combinant de l’endurance avec un peu de résistance musculaire, améliorent le contrôle de la glycémie, le profil cardiovasculaire, la perte de poids, l’équilibre et la qualité de vie. Le Dr Züger souligne néanmoins l’importance d’un suivi médical, car certaines pratiques peuvent nécessiter une adaptation des doses médicamenteuses. [ii]

Diabète de type 1

Le diabète de type 1 est une maladie génétique auto-immune, qui se déclare assez jeune et qui est due à la destruction par le système immunitaire des cellules du pancréas qui produisent l’insuline.

Le sport aide les personnes atteintes à diminuer les complications liées au diabète et à maintenir un corps en bonne santé (pression sanguine, IMC, niveau de lipides, meilleure réponse aux doses d’insuline). En cas d’ambitions sportives, ces personnes nécessitent un suivi médical pour ajuster leur traitement et leur alimentation afin d’éviter de se mettre en danger. Certains, comme Gary Hall Jr, Jan Neuenschwander ou Matthias Steiner, deviennent même des athlètes de haut niveau !

L’exercice dans la lutte contre le cancer

Le Dr med. Jean-Marc Lüthi, ancien chef de département d’oncologie à l’hôpital de Thoune (Berne), dont le domaine de prédilection est l’exercice physique pour les patients atteints d’un cancer, conseille une bonne heure d’activité physique par jour (par exemple de la marche). La sarcopénie (fonte musculaire), qui a été corrélée à une diminution de la survie des patients, [iii] est également moins présente chez une personne physiquement active.  La pratique de l’exercice est suffisamment bien documentée pour l’intégrer dans la prise en charge et le soin des patients atteints de différents types de cancer. Par ailleurs, les femmes les plus sportives auraient 12% moins de risque d’avoir un cancer du sein que les femmes les moins actives. [iv] L’activité physique pourrait également aider à mieux supporter les traitements et diminuer leurs effets secondaires (démontré dans le cas du cancer de la prostate). [v]

Sport et prévention des maladies cardiovasculaires

Selon de Prof. Dr med Matthias Wilhelm, médecin du sport et cardiologue à l’Hôpital de l’Île à Berne, la pratique d’un sport d’intensité moyenne est très bénéfique pour notre cœur. Dès les premières semaines, l’exercice permet d’améliorer le fonctionnement du muscle cardiaque (meilleure vascularisation par l’artère coronaire) et du système nerveux. Puis, la re-modélisation structurale du muscle cardiaque devient visible. Au bout de quelques mois, on observe une réduction de la pression sanguine, du taux de cholestérol, de la masse corporelle et du pourcentage de graisse ; réduisant les risques d’incidents cardiovasculaires. [vi]

La pratique du sport est un traitement efficace pour beaucoup de patients avec une pathologie cardiaque, mais elle doit être suivie par le médecin, progressive et adaptée à la personne (notamment après un premier épisode de défaillance cardiaque).

Chaque petit pas compte…

En conclusion, comme le souligne le Dr med. Gojanovic, c’est le cumulé de tout ce que l’on fait dans la journée qui importe. Donc si nous n’avons pas le temps de faire 30 minutes de sport, faire trois fois 10 minutes fonctionne aussi, quel que soit le type d’activité physique. [vii]

Alors, plus d’excuse, à vos shorts, prêts, partez…

 

Société Suisse de Médecine du Sport

Exercices favorisant la mobilité

[i] Haseler, C., Crooke, R. & Haseler, T. Promoting physical activity to patients. BMJ l5230 (2019). doi:10.1136/bmj.l5230

[ii] Colberg, S. R. et al. Physical activity/exercise and diabetes: A position statement of the American Diabetes Association. Diabetes Care 39, 2065–2079 (2016).

[iii] Caan, B. J. et al. Association of Muscle and Adiposity Measured by Computed Tomography With Survival in Patients With Nonmetastatic Breast Cancer. JAMA oncology 4, 798–804 (2018).

[iv] Pizot, C. et al. Physical activity, hormone replacement therapy and breast cancer risk: A meta-analysis of prospective studies. European Journal of Cancer 52, 138–154 (2016).

[v] Gardner, J. R., Livingston, P. M. & Fraser, S. F. Effects of exercise on treatment-related adverse effects for patients with prostate cancer receiving androgen-deprivation therapy: a systematic review. Journal of clinical oncology : official journal of the American Society of Clinical Oncology 32, 335–46 (2014).

[vi] Thijssen, D. H. J., Redington, A., George, K. P., Hopman, M. T. E. & Jones, H. Association of exercise preconditioning with immediate cardioprotection: A review. JAMA Cardiology 3, 169–176 (2018).

[vii] Jakicic, J. M. et al. Association between Bout Duration of Physical Activity and Health: Systematic Review. ACTIVITY GUIDELINES ADVISORY COMMITTEE. Association between Bout Duration of Physical Activity and Health: Systematic Review. Med. Sci. Sports Exerc 51, 1213–1219 (2018).